La série américaine

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Historique

La série américaine est inventée par les frères montréalais Cyril et Joseph Dion, peu avant 1880 au Canada. Talentueux, ils sont appelés, « le Bismarck du billard » et «Le prince » respectivement. Cette série est importée en France  par le champion américain George F. Slosson en 1880.

C'est en effet le 10 avril 1880 que le meilleur joueur français de l'époque, Maurice Vignaux --surnommé le Lion du billard-- affronte pour la suprématie mondiale le meilleur joueur d'Outre-Atlantique, George F. Slosson au Grand Hôtel de Paris, en présence de plusieurs centaines de spectateurs dont le Président de la République, Jules Grévy.

Vignaux Slosson

Figure N: gravure du match Vignaux (vignette gauche) -- Slosson (vignette droite), 10 avril 1880.

Grand favori, Vignaux est en tête au troisième jour de la rencontre. Cependant, après quelques coups difficiles, Slosson prend les billes le long de la petite bande dans une position dominante jugée un peu vite comme banale. Avec application, Slosson réalise une série de 1.103 devant un public médusé, les billes reprenant après chaque coup approximativement la même position de dominante. 

La nuit même, Vignaux travaille la série américaine et, son tour arrivé, il assène de manière légendaire une série de 1.531 points pour gagner le duel.

Très rapidement, la partie libre lasse les parieurs d'Outre-Atlantique.

Une des  parties les plus étonnante est probablement celle qui, en mai 1890, oppose Jacob Schaefer Sr. à Mac Cleery. En voici le déroulement:

Mac Cleery Schaefer
0 0
2 0
13 3000

Cependant, la goutte qui fait déborder le vase tient en la réalisation d'une série de 2.000 points à la série américaine par un garçon de 13 ans, Willie Hope (1887-1959), un des plus grands champions de l'histoire du billard.

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Technique

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Le long des bandes

Il existe deux méthodes pour réaliser la série américaine:

  • la première requiert la conservation constante de la dominante point après point avec une très petite marge d'erreur. Cette méthode exige une connaissance rigoureuse de la marche des billes et un mécanisme s'appuyant sur une mesure exacte. Il est de coutume d'appeler cette méthode « le rail ».
  • la seconde méthode semble moins pure et fonctionne en 2 temps: (i) la conservation momentanée de la dominante (Figure N+1 (b)) et (ii) sa reprise au coup suivant (Figure N+1 (a)). Cette technique --dite de la petite ligne-- tire parti des contres de la 1 sur la 2 avec trois avantages:
    • maintenir la bille 2 dans une zone très proche de la bande,
    • rejeter la bille 1 par le double choc afin de reprendre la dominante après carambolage sur le bord de la 3 (Figure N+1 (a)),
    • éviter les touches.
Americaine

Figure N+1: points-clés de la série américaine avec conservation momentanée de la dominante et de la reprise de dominante. La figure (b) permet de comprendre la notion de « peu de bille et bas ».

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Tourner les coins

Pour illustrer la marche des billes, voici une vidéo permettant d'apprécier des coups de rail, de petite ligne et le contournement des coins (GB => PB et PB => GB):

Par ailleurs, voici une vidéo de démonstration de partie libre avec Frédéric Caudron (250 points sur mouches). Rail, petite ligne et contournement des coins: